
L'église de La Chapelle-lès-Luxeuil a été pendant des siècles un soucis pour les habitants du village.
Pourtant, un acte fait devant notaire et ayant "pour témoin un habitant de ce lieu" parle d'un "règlement avec le curé" (de La Chapelle) en 1463, et qui dit curé dit paroisse.
C'est bien ce que précise aussi le pouillé général du diocèse, où un texte reconnaît la paroisse de La Chapelle en une visite du 4 septembre 1551.
Autre preuve matérielle, toujours visible dans cette église : les fonts baptismaux sur lesquels vous pouvez lire le millésime 1528.
Pour clore ce chapitre d'introduction sur les suppliques fondées des habitants et des maires successifs du village voici un paragraphe extrait d'une doléance émanant du maire de La Chapelle et adressé à l'archevêque de Besançon le 20 mars 1818 :
" Pénétré des sentiments de la plus fervente piété et de l’amour le plus pur pour les dogmes de notre sainte religion, les habitans du village de la Chapelle, Canton de Luxeuil, gémissent des entrâvent qu’ils ne cessent d’éprouver relativement à l’exercice du devoir le plus sacré pour de bons et fidèles chrétiens, depuis que cette commune fait partie de la paroisse de Baudoncourt, ce qui est un effet malheureux de la révolution, car antérieurement ils avaient le droit de célébrer les offices divins dans leur église, rebatie depuis plus de 40 ans, l’une des plus belle du pays et don l’origine remonte à 1528, ainsi que l’atteste le millésime des fonts baptismaux, tandis que celle de Baudoncourt n’existe que depuis 1770".
L’église actuelle a été construite en 1777 à l’emplacement même de l’ancienne et érigée également sous le titre de l’Invention de la Sainte-Croix.
Seuls les fonts baptismaux de 1528 ont été conservés. Ils se trouvent à gauche en entrant dans l’église et consistent en une cuve de forme octogonale, posée sur deux pierres sculptées en forme de tête de lion. Elle est sculptée d’une croix sur laquelle on peut lire la date de 1528 ; de chaque côté deux personnages prient.
L’église de La Chapelle-lès-Luxeuil est érigée en chapelle et réunie à la succursale de Baudoncourt par décret du Roi de France, le 4 mai 1820.
Il faut attendre le 3 janvier 1843 pour qu’elle soit de nouveau reconnue en succursale ordinaire.
Comme pour toutes les reconstructions de ce genre d'édifices à cette époque, les fonds ne peuvent provenir que de ventes de bois.
La lettre de Gabriel Joseph Miroudot (avocat en parlement, Seigneur de Saint-Ferjeux et subdélégué de l’intendance au bailliage de Vesoul) est à l'origine de cette autorisation. Elle date du 13 janvier 1772 :
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Monseigneur
J’ay l’honneur de vous renvoyer la requête cy jointe par laquelle les habitants de la Chapelle les Luxeuil ont demandé la permission de vendre leur réserve pour le prix en être employé à la reconstruction ou réparation de leur église, à l’achat des ornements don elle a besoin et à la construction de plusieurs arcades nécessaires et indispensables pour défruité leur territoire
Ensuite du renvoy qui ma été fait de cette requête, j’ai à la réquisition desdit habitants et vérifié les faits exposé dans leur requête j’en ay dressé le procès verbale don copie est cy jointe, par lequel il a été reconnu que la dite église n’étant susceptible d’aucune réparations, il fallait la reconstruire à neuf et que les ponts et chaussée demandé était indispensable. Touts ces faits étant constatés, les plans et projet desdit ouvrages ont été fait par l’architecte Chognard l’adjudication en a été donnée le 8 octobre 1771 pour la somme de 31400f et à été par vous Monseigneur homologué le 25 décembre dernier avec permission audit habitants de la Chapelle de se pourvoir au conseil pour obtenir la vente de leur réserve pour en employer le prix au payement desdit ouvrages, ceux cy étant de la dernière nécessité. La commune de la Chapelle n’ayant que cette voye pour y subvenir, je ne trouve nulle difficuté à lui accorder la coupe de sa réserve, les chêne qui la compose son si vieux qu’elle dépérit journellement et qu’il serait un très grand avantage pour les habitants de n’en pas retarder la coupe.
La seconde demande qu’ils ont formé dans leur requête tendant à obtenir la permission de coupé les futayes dans leur assiète, pourvoit également légitimée par le besoin qu’on les charpentes et couvertures de leurs maisons d’être raccomodé pourquoy je suis d’avis qu’on y fasse droit.
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M. St Ferjeux justifie sa demande en joignant un compte-rendu de visite de l'église de La Chapelle-lès-Luxeuil dont voici quelques passages importants :
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L’an mille sept cent soixante et dix le quatorze novembre nous Gabriel Joseph Miroudot avocat en parlement Seigneur de Saint-Ferjeux subdélégué de l’intendance au bailliage de Vesoul ayant avec nous Joseph Moussur nôtre greffier ordinaire nous somme transporter au village de la Chapelle les Luxeuil à la réquisition des habitants de ce lieu ou étant lesdit habitants assembler sont comparus par devant nous et nous ont dit qu’ils avaient présenté requête à M L’Intendant tendante à ce qu’il soit procédé par devant nous et par un architecte à la visite et reconnaissance de la nécessité de reconstruire à neuf la totalité de leur église, d’acheter des ornements pour le service divin dans ladite église et construire un pont sur la rivière de la Lanterne, faire dresser plans devis et détail estimatif des ouvrages qui seront trouver nécessaires et ensuite procédé à l’adjudication au rabais de celle-ci , pourquoi ils nous ont priés de procéder aux dittes reconnaissances ….
……. Sur quoi nous commissaire sus dit avons donner acte audits habitants comm’ils comparent de leurs comparutions direct en réquisitions en conséquence ordonnons qu’en notre présence il sera instamment procédé à la visite et reconnaissance des ouvrages demandés par l’architecte GRUYER ici présent que nous avons nommés et nommons à cet effet ainsi que pour procéder à la confection des plans et devis des ouvrages qui seront reconnus nécessaires ce qu’il a accepté et a prêté serment entre nos mains en pareil cas requis et accoutumé et a signé, signé Jean GRUYER.
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Quelques constats, sans appel, de l'architecte :
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Concernant les murs de la nef - Que le mur de la nef au midi surplombe de huit pouces et se sépare dans le milieu de façon que les tirants de la charpente ne portent plus, que sur une partie que l’autre mur de la nef surplombe aussi de quatre pouces six lignes, qu’il y a plusieurs lézardes qui ont étés remillonnées plusieurs fois que dans le chœur il y en a plusieurs qui ne paraissent que depuis la voûte par rapport au crépissage qui a été mis dans l’intérieur, que tout les murs n’ont que deux pieds d’épaisseur sont incapables de soutenir une nouvelle charpente en lieu et place de l’ancienne qui est entièrement pourrie.
Concernant le clocher - Que les murs du clocher n’ayant que vingt pouces d’épaisseur et dix huit à l’emplacement du beffroi sont trop faible pour soutenir des cloches, que la charpente du beffroi au lieu de porter sur une retraite de mur ne porte que sur quatre bouchoir placés aux quatre coins du clocher qui n’a à l’endroit du beffroi que sept pieds donc œuvre de toutes places de façon que l’on ne peut sonner les cloches sans éprouvé une commotion qui fait croire que les murs du clocher tremblent et que si un des bouchots venait à casser la charpente et les cloches tomberaient sur le portails.
Que la charpente et la couverture dudit clocher sont dans un état à exiger une nouvelle reconstruction qu’elle paraît d’autant plus nécessaire que l’haire de la nef et du chœur de la dite église ainsi que la sacristie sont si enterrer et si humide que toutes les décorations de l’église et les ornements de celle-ci y sont pourries au point qu’il est également indispensable d’en faire de nouveaux et d’élever le pavés de la nouvelle église de trois pieds plus haut que celui de l’ancienne.
Enfin nous avons reconnu conjointement avec les experts que les maisons dudit la Chapelle étants couvertes de bardeau exigent dans leurs couvertures les réparations les plus instantes et l’on nous a fait rapport que nombres de celles-ci avaient besoin d’être retaillés dans leurs charpentes.
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(….suivent des éléments justifiant la construction de plusieurs ponts sur la Lanterne).
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….. Vu le procès verbal cy dessus
Nous subdélégué ordonnons que par l’architecte Gruyer il sera instamment procédé à la confection des plans devis et projets dont il s’agit pour mieux à nous rapporté être procédé à l’adjudication.
Fait à Vesoul le 18 décembre 1770 signé St-FERJEUX. "
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L'architecte Gruyer étant appelé à d'autres fonctions, c'est l'architecte Chognard qui est nommé pour mener à bien le projet.
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