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" Jusqu'au 12" siècle, Gray-la-Ville avait été la paroisse de Gray-le-Château. Mais le besoin de se défendre attira autour du château un certain nombre d'habitants, et les maisons ayant été bâties dans l'enceinte des remparts, sous la protection du fort, il devint moins facile de quitter la place pour satisfaire ailleurs aux devoirs de paroisse. Une nouvelle église fut donc élevée au milieu de la ville par les soins des moines de Corneux. "
Gray avait été baptisée " La ville aux dix-sept clochers ".
Avant la suppression des corporations religieuses, il y avait à Gray treize maisons religieuses dont une chapelle et 9 couvents dont la chapelle collégiale (dans la cour du château, détruite en 1792) et une "familiarité " (actuelle église paroissiale). Chaque couvent avait sa chapelle ou son église.
L'église des Cordeliers (c'est à dire des franciscains), bâtie au moyen âge par les comtes de Bourgogne, remarquable morceau d'architecture ogivale, disparut entièrement. A elle seule, elle disposait de deux flèches. Elle aurait été brûlée par les Français de 1477 à 1478. Ce qui restait des cloîtres servit
un temps d'habitation aux employés des fournitures et ateliers militaires.
Détruits au XIXè, il n'en reste rien. A sa place s'élève aujourd'hui
le palais de Justice.
La première pierre de la basilique (fête patronale, l'Assomption) a été posée en 1478. Les débuts furent tellement laborieux que plusieurs dates sont annoncées pour le début des travaux (1481 ? 1482 ? abandonnée en 1483 ?) et ne furent achevés qu’en 1559, soit après plus de cinquante ans. Elle fut construite peu à peu avec le produit de souscriptions particulières. Plusieurs architectes ont participé à son érection : Mathieu Grand (1513), Philippe Lenfant (1523), Antoine Le Rupt (1527-1531) et Pierre Arnoux.
Le chœur fut achevé en 1508, en 1509 ce furent les piles du transept (date sur l’une d’elles). 
L'église est "orientée" (c'est à dire que son autel
principal est à l'Est, vers l'Orient) et a la forme d'une croix latine, la branche ouest étant plus grande que 1'autre, 3 nefs (1 centrale, 1 latérale gauche au nord, 1 latérale droite au sud), 8 chapelles fondées de 1482 à 1518 par des bourgeois ou des nobles.
1506 : l'église devient paroissiale à part entière, succédant ainsi à l'église Saint- Maurice de Gray-la-Ville.
En 1531, on achève les voûtes.
En 1559, on couvre le clocher de fer blanc.
1571 : c'est le millésime qui est gravé sur le linteau de la porte d'accès à la tourelle.
La flèche brûlée en 1610 a été rétablie par l'ingénieur Poivre. On peut la voir sur le tableau de Van der Meulen immortalisant le siège de Gray par Louis XIV du 16 au 19 février 1668.
Le large clocher carré à la croisée du transept est percé de 4 fenêtres trilobées sur chaque face et couvert par une toiture en triple dôme qui remplace une haute et élégante flèche détruite en 1725 : "Le 18 décembre 1725 à Gray à 2 h 30 de l'après-midi se fit un orage si violent, un vent si impetuant mêlé de tonnerre et d'éclairs que le clocher de cette paroisse en fut renversé sans avoir causé par sa chute aucun dommage à personne, prodige que j'attribue à la protection singulière de la Sainte Vierge pour cette ville (Signé : Savary curé) ".(Bulletin SALSA N°31).
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Au début du XIX è siècle,
le dôme est métallique. Au fond de la ruelle de droite,
on apperçoit la croix surmontant l'ex-couvent des Annonciades.
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La façade orientale
entre 1800 et 1863, date à laquelle on commence à poser
le porche. A gauche, la sous-préfecture, créée le 28
pluviose An 8 (12 février 1800), disparue entre septembre
et novembre 1926.
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Les tavaillons de châtaignier
actuels
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La façade occidentale, est imposante et s'ouvre par trois élégants portails, disposition assez rare en Franche-Comté. Restée inachevée (seules les nervures d'appui existaient), c’est l’architecte bisontin Victor Baille qui l’acheva entre 1847 et 1863 en association avec le sculpteur Constant Grandgirard, graylois d'adoption, natif de Ternuay (Haute-Saône), avec la construction d'un grand porche voûté d'ogives à 3 travées.
En juin 1940, les Allemands pilonnaient Gray avec leur artillerie. Le 15 juin 1940, vers 16 heures, des obus incendiaires tombaient sur la basilique, le presbytère, la sous-préfecture et les maisons alentour. Très vite, le feu prit des proportions inquiétantes.
Le quartier de l'église, la basilique dont le toit et les cloches, en partie fondues, s'écroulent dans un fracas assourdissant, le presbytère, la sous-préfecture, la Maison Gavoille (à droite) datant de la Renaissance, sont entièrement détruits.
18 avril 1948 : l'église est classée monument historique.
12 et 13 août 1950 : 2 jours tout à fait particuliers car l'église paroissiale de Gray est érigée en basilique, dignité particulière accordée par le pape, et 4 nouvelles cloches (en remplacement des 13 détruites 10 ans plus tôt) sont bénites : Marie, Hélène, Véronique et Thérèse (4 tonalités, dans le même ordre :do, ré, mi, fa). Cette même année, la couverture métallique fut remplacée par des tavaillons en châtaignier (travaux commandés par l’architecte en chef des Monuments Historiques Marcel Texier).

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