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LES GRANDS TRAVAUX DES ANNEES 1850
Le 11 février 1850, le Conseil Municipal vote un crédit pour la réfection partielle de la toiture, le crépissage de la façade et la remise à neuf des onze vitraux de l'église et de l'œil de bœuf du clocher. En décembre de la même année, le Conseil de Fabrique demande une aide de la Commune s'élevant à 7 000 Fr. pour les réparations intérieures de l'église.
La Commune, tout en reconnaissant le bien fondé de ces réparations ne peut répondre favorablement, "n'ayant pas les moyens d'acheter une pompe à incendie et devant participer à la construction du chemin de grande communication Champlitte-Seveux".
Bien sûr, le Curé DUTY n'est pas d'accord et le fait savoir à l'Archevêque : "Monsieur le Maire et son Conseil imaginent tout faire et comme ils l'entendent sans que l'administration ecclésiastique puisse faire la moindre observation, je n'ai point été appelé quand l'architecte s'est présenté, mais je me suis imposé". Le Curé voulant agrandir les fenêtres, ce à quoi le Maire s'oppose, la polémique est lancée et va durer plusieurs années.
D'abord, en mars 1851, le Curé choisit un architecte différent de celui retenu par le Conseil Municipal, bien que ce dernier ait déjà présenté des plans et un devis accepté par le Conseil Municipal et par le Préfet. Le Curé justifie son choix sur le fait que le projet et le devis de son architecte correspondent mieux aux vœux du Conseil de Fabrique et des habitants.
Le Conseil Municipal qui, toujours selon le Curé, a bien des fonds en caisse, maintient son projet. Face à ce dialogue de sourds, il est décidé par le Curé et les autorités ecclésiastiques d'attendre patiemment les prochaines élections avec l'espoir de voir élus des gens plus conciliants.
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avec
l'autorisation de Michel MAUCLAIR (dessin à l'encre
de chine de B. Marion)
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Cependant, les dernières réparations remontant à plus de 90 ans, l'urgence des travaux est de plus en plus pressante.
En février 1852, le Conseil Municipal décide d'un certain nombre de travaux : crépissage des murs, renouvellement de tous les vitraux, remplacement des bancs, toiture. Les formalités d'adjudication sont en cours lorsque l'Archevêque fait savoir qu'il n'est pas d'accord avec ce projet. Le Curé y voit alors l'influence de Monsieur BARBEROT D'AUTET et craint l'exploitation de cette affaire par les personnes hostiles à la religion. Et de demander le report des travaux à une date ultérieure tout en évoquant l'état désastreux de l'église : "Toutes les fenêtres qui existent présentement sont en si mauvais état qu'on ne peut même pas les réparer, il faut les soutenir avec des planches, c'est pitoyable".
De son côté, le Conseil Municipal est mécontent lui aussi de l'attitude de l'Archevêque. En effet, pour réparer l'église, la Commune renonce à l'acquisition d'une pompe à incendie dont l'utilité ne peut être contestée. Le Conseil voit aussi dans cette décision l'action "d'une seule personne (non citée) qui agit dans des vues trop personnelles pour que l'opinion n'en soit pas froissée". L'Archevêque rejette toutes les récriminations et refuse de changer son point de vue.
Les plans initiaux sont modifiés en août 1852. Le 19 septembre suivant, le Conseil Municipal, qui aux dires du Curé "est loin de penser à l'endroit de l'église comme celui d'autrefois", accepte le nouveau projet et vote dans cette perspective un crédit de 11 800 Fr. L'Archevêque, enfin satisfait, écrit au Préfet : "Je ne puis à présent que donner mon adhésion au projet ainsi entendu".
Si le Conseil Municipal a voté le crédit, celui-ci ne peut être utilisé par insuffisance des fonds en caisse. Deux pétitions, une du Conseil Municipal et l'autre du Conseil de Fabrique, appuyées par Monsieur DE MARMIER, Conseiller Général du Canton et Monsieur REVON, Maire de Gray et Membre du Conseil Général, sont adressées au Ministre des Cultes pour obtenir une subvention.
Celle-ci est d'autant plus nécessaire que le Préfet, Monsieur DIEU, n'autorise la dépense que pour une somme de 7 000 Fr. Mais de subvention, point.
Pour débloquer la situation, Monsieur BARBEROT D'AUTET propose de faire un don de 3 000 Fr., mais à condition que le Conseil de Fabrique "accorde pour lui, pour les siens et même ses successeurs, la jouissance perpétuelle, gratuite et exclusive de la chapelle qu'il occupe à la gauche du chœur". Cette chapelle a été fondée par Claude Antoine BARBEROT d'AUTET en 1720. Achevée en 1729 sous le vocable de St Jean l'Evangéliste, elle est destinée à recevoir la sépulture de son fondateur et des membres de sa Famille.
Le Conseil de Fabrique est embarrassé d'une telle proposition. Bien sûr, 3 000 Fr. représentent une somme importante pour les travaux, mais la demande de Monsieur d'AUTET paraît exorbitante : "Ce n'est plus un don qu'on veut faire, mais un marché qu'on essaye avec la Fabrique". En définitive, le Conseil de fabrique refuse le principe de gratuité. Monsieur d'AUTET décide alors de s'en remettre à l'Archevêque car il ne souhaite pas que ce soit le Conseil de Fabrique, c'est-à-dire ses fermiers ou ceux qui l'ont été, qui le jugent.
En fait, compte tenu "des bons offices rendus en plusieurs circonstances importantes à la Fabrique et aux intérêts de l'Eglise par Monsieur d'AUTET", le Conseil de Fabrique accepte la proposition initiale. Et le 13 août 1853, le Curé annonce à l'Archevêque que les ouvriers sont venus à l'église et que les travaux vont commencer.
Le 5 septembre, tout est pourtant remis en cause. Motif : la suppression sur les nouveaux plans de la chapelle de Monsieur d'AUTET avec la démolition du mur qui isole la chapelle du prolongement de la nef latérale.
Aussi, Monsieur d'AUTET demande-t-il à l'Archevêque de laisser le dossier en sommeil, purement et simplement.
Au Conseil Municipal du 25 septembre 1853, on apprend que les travaux continuent. Mais compte tenu de la duperie de Monsieur d'AUTET pour qu'on ne touche pas à sa chapelle, le Conseil demande au Préfet de bien vouloir faire autoriser les réparations de la partie gauche de l'église pour coordonner avec celles qui s'exécutent à droite, c'est-à-dire en ouvrant les chapelles latérales. Cette délibération semble réjouir toute la population.
Dans le même temps, Monsieur d'AUTET agit par derrière pour faire échec à ce projet. Le 18 octobre, l'Archevêque envoie à Autet son Vicaire Général pour avoir une idée précise de la situation. Dans son rapport, on peut lire ceci : "quelques habitants sont allés jusqu'à dire que si la décision de l'autorité n'était pas conforme à leurs vœux, ils abandonneraient plutôt l'Eglise... Ce sont des gens montés, fous, enragés et capables de réaliser quelques-unes de leurs menaces ... En fait, toute la question est une question de château".
Finalement, Monsieur d'AUTET accepte la suppression des chapelles afin que les travaux puissent se poursuivre activement ; mais en contrepartie, il ne veut plus participer financièrement. Pour trouver les ressources nécessaires à tous ces travaux, le Conseil Municipal décide le 11 janvier 1856 de vendre à Monsieur d'AUTET l'ancienne maison commune pour 5 000 Fr.
C'est en décembre 1856 que les travaux sont terminés. Ils sont réceptionnés le 17 mars 1857. Entre-temps, le 30 janvier, l'architecte présente un devis pour le "rétablissement du chœur de l'église" dont le montant s'élève à 6 800 Fr. Il s'agit de refaire les voûtes, l'établissement du maître-autel, les boiseries. Le Curé espère commencer les travaux dans l'année et compte sur la générosité de Monsieur d'AUTET. Le Conseil de Fabrique escompte quant à lui une subvention de l'Etat. Les paroissiens font de gros sacrifices financiers pour faire installer des statues, pour acheter lustres et vases sacrés. L'un d'eux, Monsieur RICHARD - MAGUET, offre les tableaux du chemin de croix. Tout est achevé en novembre 1857, à la grande satisfaction du Curé.
La dernière grande restauration en date s'est effectuée en 1993.
L'intérieur est à mettre au crédit de l'abbé ROUSSEL grâce aux dons des paroissiens accumulés depuis de nombreuses années. L'abbé n'a pas eu hélas, le plaisir de voir se réaliser son souhait mais le Conseil Paroissial l'a réalisé. Monsieur l'abbé LABARRE, responsable des monuments sacrés à Besançon a voulu conserver le chœur en l'état, œuvre d'un artiste d'Autet : Jean-Baptiste Maitre.
La commune, sollicitée, a accepté de participer aux travaux (contrairement à certains Conseil Municipaux du passé) et en a profité pour y ajouter le ravalement du clocher qu'elle avait prévu dans son budget.
Les différents coûts se sont montés :
pour l'intérieur à 108063,67 F HT (dont 60000 F financés par un don du Conseil Paroissial).
pour le clocher à 96292,70 F HT (dont 24073 F pris en charge par une subvention du Conseil Général)..
 
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