Autet ...

 

Cette partie historique du clocher et de l'église d'Autet émane d'une plaquette réalisée par Michel MAUCLAIR et en comporte de nombreux extraits.

 

Les origines de l'église d'Autet, érigée sous le titre des Saints Pierre et Paul, sont incertaines. A ce jour, aucune archive n'a pu attester avec précision de sa création que les historiens font remonter aux 12ème, 13ème, voir 14ème siècle selon les cas.

Une partie du territoire d'Autet est appelé " VIGNES-DES-MOINES". D'après Louis SUCHAUX (Dictionnaire des communes - 1866) il y aurait eu dans le pays " … quelque maison religieuse dépendant de l'Ordre des Templiers. Ce qui confirmerait cette opinion, c'est que les chapiteaux de la vieille chapelle conservée dans l'église semblent porter le cachet qu'imprimait à ses édifices cet ancien ordre de chevalerie ...."

Le nouveau dictionnaire des communes de la Haute Saône, édité en 1969 par la SALSA, reprend au conditionnel ces écrits car aucun document irréfutable ne permet de retenir ou de rejeter définitivement ces hypothèses.

Ce que l'on sait avec certitude, à partir d'un pouillé de 1492, c'est le rattachement de l'église d'Autet (en fait une chapelle) au bénéfice du prieur de Saint-Marcel de Châlons-sur-Saône. Cette chapelle est desservie par le prieur de Dampierre sur Salon, lui-même dépendant de Saint-Marcel. Dans ces conditions, le curé en résidence à Autet (en fait un chapelain) n'est que le vicaire du prieur de Dampierre sur Salon.

Si la suite de l'histoire montrera las aléas de la vie d'une église, celle des paroissiens ne fut pas exempte d'atrocités. Ainsi cet épisode de la "Guerre de Dix Ans" (voyez en détail dans le chapitre Histoire) propre à Autet.

Après avoir été pillé et brûlé pendant l'invasion du duc des Deux-Ponts en 1569, Autet fut à nouveau saccagé et incendié par les soldats de Gallas en 1637. Le 7 juin 1637. à l'approche des envahisseurs, les habitants se réfugièrent dans une île boisée formée par les deux bras de la Saône. Ils y furent rejoints par les habitants de Quitteur et de Mercey. Attaqués par les Allemands de Gallas qui avaient traversé la rivière "avec l'eau jusque sous les bras", ils résistèrent courageusement, mais succombèrent sous le nombre. Les soudards massacrèrent 120 personnes, hommes, femmes et enfants. Le curé d'Autet, blessé, "portant ses entrailles dans ses mains, fut emmené par les Allemands, tâchant, avec la vie, d'en tirer encore de l'argent" (Corresp. du Parlement). Le village mit 40 ans à se relever de ses ruines ; il comptait 25 feux à peine en 1658.

 C'est par une ordonnance royale, en date du 26 décembre 1843 que l'église d'Autet redevient une succursale, cessant ainsi de faire partie de la circonscription paroissiale de Dampierre sur Salon.

D'après un croquis datant de 1695, l'église d'Autet avait une nef toute en longueur, le clocher se trouvant au centre. Jusqu'au début du XVIIIè siècle, on entre dans l'église par une "porte assez basse, en plein-cintre, encadrée de deux solides contreforts, sur le côté gauche de l'édifice. Un clocher assez élevé et de forme carrée dominait le milieu du temple. De petites fenêtres, à vitraux enchâssés dans des lames de plomb et une rosace placée au-dessus de l'autel, laissaient pénétrer la lumière".

La préservation de cette église, à en croire les historiens, a été sujette à de nombreuses controverses et péripéties. Ainsi cette harangue publique de Jean Claude QUATRANVAUX en 1788 (ouvrage sur le village d'Autet de Charles GODARD) : "Moi je dis que nous avons déjà trop dépensé pour l'église et pour Monsieur le Curé. J'ai vu dans mes vieux papiers qu'en 1731, on disait qu'il était impossible de réparer la cure, que tous menaçaient de quitter le pays si on les forçait de payer les travaux. En 1761, on a réparé le clocher et le presbytère ; en 1775, on recommençait".

Il est vrai que les problèmes financiers rencontrés par le Conseil de fabrique, ses démêlés avec les municipalités successives et la recherche de subventions expliquent en grande partie ces difficultés.

L'intérieur du chœur est refait en 1727. Une pierre placée près de l'autel, découverte lors des travaux de 1887, en porte témoignage : "Messire Claude Antoine BARBEROT, écuyer, Seigneur d'Autet, conseiller maître à la Chambre des Comptes, domaines et finances du Comté de Bourgogne à Dole, a posé cette pierre le 7 juin 1727".

GODARD nous apprend aussi qu'en 1727, "les habitants d'Autet font marché avec le maçon Pierre GAUT pour réparer le pavé de la nef des hommes et refaire entièrement le chœur". Il poursuit par la description du chœur après les travaux (et même pendant longtemps après) : "deux statues coloriées plus grandes que nature, représentant Saint Pierre et Saint Paul, étaient le principal ornement de la construction nouvelle. Au-dessus de l'autel, dans le mur du fond, un bas-relief médiocrement exécuté représentait Dieu le Père entouré de nuages et bénissant de trois doigts de la main gauche" (les deux statues de St Pierre et St Paul seront brisées lors des réparations de 1887).

Selon GODARD, c'est en 1740, que les trois nefs de trois travées chacune sont reconstruites. C'est à cette date qu'est édifié l'actuel clocher carré recouvert d'un toit bulbeux. Celui-ci sera coiffé d'un lanternon au XIXè.

Le 2 mars 1751, l'architecte François DURY de Dampierre sur Salon remet un devis estimatif des "réparations les plus urgentes à faire à l'église d'Autet et de la refonte d'une cloche : nef trop petite, charpente et couverture presque toutes pourries, plusieurs étales". Sa conclusion est tout aussi précise que sa description de la situation : "il est nécessaire de rebâtir l'église à neuf".

Le 29 janvier 1755, les "habitants, manans et résidants audit Autet" (en fait les hommes) déclarent devant notaire vouloir récupérer au plus vite les fonds provenant de la vente de bois à la Marine, l'année précédente, pour les affecter "aux ouvrages et réparations nécessaires de la dite communauté tant de l'église qu'autres".

Pourquoi la Marine ? C'est une conséquence de la prise de la Franche Comté par Louis XIV. Celui-ci ayant besoin d'une marine de guerre pour mener à bien ses conquêtes, fait utiliser les bois nobles et durs dont la Comté est richement dotée. Les arbres ainsi abattus sont expédiés vers Toulon. Les successeurs de Louis XIV continuant cette politique, l'activité forestière comtoise est intense et permet aux communes de percevoir des revenus importants. C'est grâce à ceux-ci que, selon les historiens, de nombreuses églises vont être édifiées dans notre région, même dans les très petits villages.

En 1834, on s'inquiète de ce que la partie supérieure du clocher est tombée par suite d'un violent orage arrivé le ..... 26 juillet 1829 (!). Le plancher et la corde de la cloche sont pourris. La charpente menace de s'écrouler. Le beffroi est d'une telle vétusté qu'il est quasiment impossible de l'utiliser.

En 1836, lors d'une visite pastorale, le Cardinal-Archevêque de Besançon, Monseigneur MATHIEU, écrit au registre des délibérations du Conseil de Fabrique qu'il "est urgent de réparer l'église sous peine de la voir bientôt tomber en ruines". Il se dit frappé par le dénuement de cet édifice et de son peu de décence pour l'exercice du culte. En 1841, le Président du Conseil de Fabrique, Monsieur BARBEROT D'AUTET, fait le même constat.... aggravé par le temps : la charpente est pourrie et le plâtre des voûtes tombe en de nombreux endroits. Mais le Conseil Municipal d'alors n'entend rien.

Alors, le 20 décembre 1844, le Curé demande à l'Archevêque d'écrire au Maire d'Autet pour que le Conseil Municipal accepte d'engager des réparations à l'église lorsque les finances communales le permettront.

Toutefois, le Curé ne se fait pas d'illusion sur la suite réservée par ledit Conseil : "je suis dans un pays difficile à diriger et en face d'adversaires qui s'avouent publiquement ennemis de la religion et de son culte".

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