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Généralités
Restauration n’est pas rénovation (assimilable à modernisation) : " opération ponctuelle qui consiste à sauvegarder et à mettre en valeur des immeubles à conserver ". Ce n’est pas seulement " réparer, remettre en bon état " puisque le dictionnaire précise à la définition " Restaurateur (trice) : personne qui répare une œuvre d’art ".
C’est donc bien de cela qu’il s’agit : une œuvre d’art.
La sauvegarde du patrimoine est depuis longtemps un soucis permanent de quelques spécialistes. Mais il n’y a que quelques dizaines d’années que cette nécessité de conserver un héritage et le transmettre dans son intégralité aux générations futures fait son chemin dans les esprits.
Après des générations soucieuses de modernisme accéléré, et pour qui toute trace du passé était synonyme d’archaïsme, l’élévation du niveau de vie, la part croissante des études, l’acquisition de loisirs et de temps pour regarder autour de soi, ont provoqué l’éveil des consciences.
Longtemps, les remises en état, bien qu’étant le fruit de travail de professionnels, répondaient plus à des intuitions, des initiatives personnelles et isolées, des juxtapositions de goûts parfois contradictoires.
Il a fallu qu’un homme, un amoureux des clochers, un passionné doublé d’un technicien méthodique, décide d’organiser les différentes approches : l’Abbé Marcel FERRY.
Sous son impulsion, la " Charte de Venise " (1964),
créée par l'ICOMOS (organisation internationale pour la
préservation du Patrimoine Mondial) a pu devenir " la base de travail " de toute restauration. Elle en constitue la structure et permet de toujours suivre la même démarche.
Si la restauration d’un clocher est voulue autour d’une démarche artistique, dans la fidélité des origines, il a fallu impliquer les élus locaux, responsables des édifices depuis 1906 (loi du 9 décembre 1905, séparation de l’Eglise et de l’Etat). Les impliquer et les attirer en leur proposant une prise en charge importante du coût des travaux sous couvert du respect des règles édictées par la " Charte de Venise "
(ICOMOS) et sous la surveillance du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine.
Le financement
Celui-ci peut être différent suivant la catégorie dans laquelle se trouve classé l’édifice (quel que soit le type d’édifice : église, lavoir, monument,
croix, calvaires, châteaux …. ), protégé ou non au titre des Monuments Historiques.
Initialement répertoriés en " Patrimoine Rural Non Protégé ", la plupart de nos clochers le sont depuis le 6/04/2001 en Politique
Régionale " Toitures et Clochers Franc-Comtois ".
Les critères primordiaux de classement sont l'époque de création
et l'architecte d'origine.
A ce titre, leur restauration est susceptible de donner droit à une subvention totale de 55 % (Conseil Régional 50 %, Conseil Général 5 %). Que le clocher soit reconnu Monument Historique ou non, le traitement du dossier est réalisé avec la même qualité, le même soin, le même sérieux, la même rigueur.
Durant ces 15 dernières années, de nombreux clochers ont été rénovés, et pour beaucoup, il était temps. Mais les coûts de ces restaurations ont engendré des initiatives plus ou moins heureuses qui ont éloigné parfois de façon importante le résultat de l’original (par exemple la disparition de motifs traditionnels, dômes laissant place aux clochers-flèches, gammes de couleurs changées, matériaux remplacés, ajout ou suppression d'éléments...).
Les départements et la région ont intégré ces coûts dans leur politique budgétaire afin d’aider les communes, mais à condition d’être supervisées par les " Bâtiments de France ".
Eléments du dossier
1 - enquête.
En Haute-Saône, tout a commencé en 1986 par une enquête du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine sur le terrain, observations, photos de façon à dresser un état précis de la situation. Les connaissances techniques et l’expérience permirent souvent, au premier coup d’œil, d’estimer l’urgence de l’intervention : une croix penchée est un signe qui ne trompe pas et laisse présager de gros dégâts.
2 - sensibilisation.
Puis il a fallu informer les collectivités en leur communiquant le rapport technique, un rapport qui ne vient que confirmer ce que les représentants de la commune avaient pu voir sur place avec l’Architecte S.D.A.P.
3 - lancement de la restauration.
Passée l’étape de constitution du dossier nécessaire
à la demande de subventions, le relais est à nouveau transmis au
S.D.A.P. Ce dernier établit le dossier technique en commençant par
ce qui va conditionner toute la restauration : le receuil de tous
les éléments qui permettront de remonter le temps et aboutir au
plus près du dôme d’origine.
L’examen détaillé de la charpente, le relevé des
dimensions et plans doivent permettre de faire un diagnostic de
façon exhaustive des éléments à changer. Il n’est effectivement
pas question, du moins à priori, de procéder à une restauration
à 100 %. Ceci doit rester exceptionnel. Pour des raisons de coût,
bien sûr, mais aussi dans le soucis essentiel en conservant le plus
d’éléments d’origine de transmettre des traces du passé, de la matière,
des techniques, ….. aux générations futures.
La recherche d’archives est ce qui vient tout
d’abord à l’esprit. Il existe parfois des plans, des devis d’époque,
mais il faut bien s’assurer que ce ne sont pas des projets sans
lendemain.
Il est fait appel également
aux documents des particuliers : photos, cartes postales (même noir
et blanc), gravures, peintures. Une attention particulière est également
bâtie autour de la supposition que des éléments ont pu disparaître
au cours des siècles (modification ou simplification de la charpente
par exemple).
Enfin, sur place, dans le clocher, sous la couverture
de la nef, sur les corniches mêmes, toutes les tuiles, tous les
morceaux de tuiles sont recueillis, examinés, analysés, scrutés,
comparés. De même que l’endroit précis de leur découverte, jusqu’à
leur niveau lorsqu’ils sont empilés : comme pour les strates, ces
couches de matériaux qui constituent un terrain sédimentaire, les
plus anciens sont toujours en dessous.
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La dernière opération est la compilation
de tout ce qui précède pour aboutir aux plans de réalisation
(qui font suite aux avants projets sommaires, avant
projets détaillés) et malgré les " trous "
éventuels (cartes postales sans le haut du dôme par
exemple)
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arriver au plus juste, obtenir
un dessin harmonieux, aux couleurs recherchées (dessin
en couleur du plan de couverture).
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Le dossier technique, avec tous les plans,
est transmis au maître d’ouvrage pour acceptation, sachant qu’à
ce stade les différentes subventions
sont soumises au respect des conclusions du Service Départemental
de l'Architecture et du Patrimoine avec notamment l’emploi de matériaux
nobles (ardoise, tuiles vernissées, tavaillons, lauzes, pierre ou
grès des Vosges). Partant de ce postulat, la logique voudrait l'utilisation
de "Fer blanc" pour tout ce qui est zinguerie. Le seul
fournisseur actuel est l'Angleterre mais son coût le fait réserver
aux restaurations prestigieuses. D'où l'emploi de zinc, d'inox plombé
ou, moins souvent, de cuivre étamé.
On assiste parfois à des changements étonnants
lorsque des flèches sont enlevées (Lavant-les-Dole, Parcey) pour
laisser place au clocher comtois d’origine.
Ailleurs, les villageois refusent le projet, cela
coûte fort cher à la communauté.
Démarrage du projet.
Le maître d’ouvrage est aidé, dans son choix d’intervenants, par la consultation d’une liste d’entreprises émanant d’une classification officielle du bâtit ancien où sont regroupées les entreprises spécialisées et réputées pour leur sérieux et leur savoir-faire.
La restauration est réellement un travail de spécialistes et fait suite à une volonté délibérée de l’entreprise. L’état d’esprit, la compétence, l’analyse, les modes opératoires, les matériaux
et surtout le soucis de modestie devant l'existant laissé par les
anciens constituent les atouts majeurs, le fondement, ….. qui font d’un métier un art.
Il s’ensuit alors toutes les étapes habituelles traitées plus en détail ultérieurement :
- Les appels d’offres, comme pour toute dépense
d’ordre public.
- Le suivi des travaux (avec le maître d’ouvrage
et tous les intervenants) pour la concordance avec le planning
prévisionnel, la résolution des problèmes ponctuels.
- La réception des travaux, dernier rempart
avant l’accord définitif des subventions
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L'examen du projet retenu et de sa
réalisation pourrait faire croire à des dérives dans l'exécution
des travaux. Il faut savoir que le projet n'est là que
pour donner un aperçu du résultat mais qu'il comporte
toutes les spécifications sur les coloris choisis d'après
soit des nuanciers bien plus précis que la gouache du
dessin, soit sur des échantillons de tuiles fournies
par le fabricant.
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Sachons également que chaque couleur
de base comporte de nombreuses nuances. Ainsi, certains
jaunes tirent sur les ocres, des bruns sont assez près
des rouges et qu'il faut parfois mettre 2 tuiles l'une
contre l'autre pour visualiser la différence. Enfin, l'angle
sous lequel les tuiles sont regardées et l'éclairage
(soleil) sont les seuls qui permettent d'apprécier la
palette désirée par l'architecte. Même des noirs ont
des reflets bleutés ou nacrés.
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