Architecte du Patrimoine

 

 

- Architecte du Patrimoine ---- Charpente ---- Couverture ---
Démarche -

Préalable : Il est indispensable de rappeler que cette page, tout comme la totalité de ce site, est conçue par un néophyte dans le souci d'intéresser d'autres néophytes, amateurs du patrimoine. Aussi, les spécialistes voudront bien pardonner les oublis, raccourcis ou absences de développement "souvent" volontaires. Quant aux erreurs fondamentales, je suis prêt à les corriger. Merci pour leur compréhension.

 

Les bonnes intentions, le maintien du souvenir, le respect et le désir de conserver le patrimoine, ….., l'état d'esprit ne suffit pas.

Trop de "restaurations" sont en fait des réparations de fortune. Leurs successions au cours des dernières décennies ont abouti à la destruction, parfois définitive, de ce que nos anciens nous avaient légué.

Afin d'éviter cette perte, pour la plupart du temps involontaire, certains diraient "de bonne foi", il n'y a pas d'autre alternative que de passer par un architecte spécialisé. Spécialisé implique "diplômé". La meilleure garantie est de se reporter à la liste diffusée par le "Conseil de l'Ordre des Architectes" sur laquelle on retrouve les diplômes reconnus les plus fréquents (D.P.L.G - Diplômé Par Le Gouvernement - , D.E.S.A., D.E.T.P., …) français, mais aussi depuis peu de temps des diplômes Européens (DEPL, Lausanne, DFAUR, Rome, DFAUF, Florence, DDJEA, Belgique, … ). C'est l'assurance d'une formation adaptée, des connaissances indispensables, de l'attachement à l'héritage.

 

 

 

La structure d'un cabinet d'architecture dépend essentiellement de ses domaines d'intervention :

  • le contemporain dont les collectivités (écoles, lycées, administrations diverses, hôpitaux) et les entreprises.
  • le patrimoine (maisons de maître, clochers, églises intérieures et extérieures, châteaux, lavoirs).

Dirigé par un architecte, il dispose fréquemment de personnel qualifié "Dessin et conception", "Métreurs", "Conducteurs de travaux". Ces deux dernières spécialités étant parfois assumées par les mêmes personnes (pour les clochers, c'est un atout supplémentaire).

Mais un architecte peut tout à fait être seul et se charger de la totalité des tâches.

 

Ce préalable admis, l'intervention de l'architecte se produit essentiellement à la demande du maire (la commune est propriétaire de l'édifice et responsable des murs) ou de son représentant (communauté de communes). Le désir peut être le résultat d'une prise de conscience des élus ou faire suite à un devis "artisanal" pour confirmation. La demande est transmise au Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine pour avis ou obtention d'un rapport déjà existant. La volonté de la municipalité peut aussi avoir été initiée par une alerte du S.D.A.P.

Muni du rapport fourni par le S.D.A.P., rendez-vous est pris avec le maire. L'architecte est alors secondé par un conducteur de travaux et un métreur pour l'établissement du diagnostic et procéder à tous les relevés nécessaires à la réalisation des plans.

 

 

  Les subventions

L'étape suivante est la constitution d'un pré-dossier permettant de connaître le coût approximatif de la restauration et prévoir si celle-ci sera faite par tranches. A partir d'un certain niveau, les subventions sont étalées dans le temps et les travaux doivent l'être également sur plusieurs années.

Suivant les chantiers, l'accord peut varier, selon la taille du chantier et du degré d'urgence, de quelques mois à un peu plus d'un an. Le dossier d'aide doit être au plus près de la réalité. Ainsi, il n'y a pas de surprise puisque l'attribution est calquée sur le besoin réel, bien que ce soit au démontage que certaines choses voient le jour.

"Montés" dans ces conditions, très peu de demandes ne sont pas acceptées, et en général, ce sont pour des raisons d'un autre ordre (changement de municipalité, autre urgence, …).

Le dossier est envoyé en plusieurs exemplaires au maire qui :

  • en transmet le nombre nécessaire au S.D.A.P. pour la demande de subvention
  • retourne 1 avec accord, au cabinet d'architecture.

  Choix des entreprises

Dés l'accord de principe du maître d'ouvrage, c'est la mise en place de la consultation des entreprises susceptibles de pouvoir répondre à la demande. Le maire lance par voir officielle (parution dans la presse) la consultation du marché public (appel d'offre).

Au cours de la séance d'ouverture des plis (offres soumises cachetées) en présence de la municipalité et du maître d'œuvre, pour le choix parmi les entreprises, la plupart du temps et à qualité équivalente, c'est le "mieux disant" qui l'emporte.

L'annonce de presse de marché public précise que de sérieuses références sont exigées. La qualification QUALIBAT est souvent soit souhaitée, soit son équivalence requise pour permettre la concurrence.

Dans la spécialité de restauration des clochers, le marché est souvent emporté par une seule entreprise qui regroupe tous les secteurs d'activité nécessaires (charpente, couverture, zinguerie, maçonnerie, tailleur de pierre). Cela permet de n'avoir qu'un lot de travaux à attribuer.

Bien que ce ne soit pas une obligation, la surveillance du chantier, l'enchaînement des corps de métier, les problèmes de sécurité, la surveillance des délais en sont facilités.

Mais suivant l'ampleur des travaux (maçonnerie par ex.) plusieurs lots peuvent être constitués.

L'entreprise est également soumise à des clauses administratives notamment les délais de réalisation et des pénalités éventuelles. Ces dernières ne sont enclenchées qu'à l'instigation du maire (ou de ses représentants) suivant les incidences du retard.

  Suivi des travaux

Tout au long de la restauration, en général 1 fois par semaine, une réunion de chantier où toutes les parties sont représentées (présence du S.D.A.P. suivant les besoins) permet de faire le point sur l'avancement du planning, les difficultés rencontrées, les retards, les éventuelles corrections par rapport à la demande initiale (imprévu), les décisions prises (choix du coq, travaux superflus supprimés, choix du dessin de couverture), le lancement de certaines fabrications ou commandes à des fournisseurs en parallèle, le démarrage de certaines phases, …..

Un rapport est établi à chaque fois sous la responsabilité de l'architecte avec copies au maire, au représentant de la commune, à l'entreprise, au S.D.A.P.

Le cabinet (ou l'architecte seul) est le dépositaire des exigences du S.D.A.P. puisque l'obtention de subventions est soumise au respect de règles précises.

Si tous les plans sont établis par l'architecte d'après ses relevés de l'existant, le S.D.A.P. lui a fourni tous les éléments en sa possession et en particulier les résultats de ses recherches dans les archives (textes, plans et devis d'époque). C'est sur ces bases historiques et esthétiques que l'architecte réalise les plans d'exécution dont il est seul responsable.

La confrontation avec les relevés sur place permet de détecter des modifications antérieures de forme générale (exemple ; Vellefrie, 1 étage enlevé) ou plus spécifiques (piédouche modifié suite à des réparations de fortune ou non concertées).

Les règles imposées touchent à chaque métier :

  • en charpente, des normes propres au métier existent.
  • pour la couverture, les dessins et nuances de couleur sont du ressort de l'Architecte des Bâtiments de France. Si plusieurs propositions peuvent être faites, les décisions sont en général prises en commun avec le cabinet. Les couleurs, épaisseurs et marques de tuiles sont arrêtées avec l'A.B.F. Pour les nefs, il en est de même pour les épaisseurs, couleurs et panachage.
  • pour la zinguerie, bien que le cuivre soit par certains considéré comme plus noble, l'A.B.F. se réfère plus à des considérations esthétiques inscrites dans la durée.
    Ainsi la volonté est de marquer, de mieux "ourler" les contours de façon à les faire ressortir (formes moins "molles"), d'où le choix du gris et donc du zinc ou de l'inox (AME par ex.). .). Quant au cuivre, il a la qualité de brunir vite et son éclat de départ ne dure pas plus de quelques semaines. Il est utilisé lorsqu'on ne veut pas ourler un profil ou quand il est souhaitable de l'ourler autrement (l'appréciation est toute en subtilité, en délicatesse).
    Les arêtiers recouverts de tuiles sont abandonnés pour la même raison ainsi que pour éviter l'effet "épine dorsale" peu flatteuse à l'œil qu'ils produisaient.
  • anfin en ce qui concerne la qualité des matériaux, la réputation des fournisseurs et les certificats de qualité transmis, eux-mêmes complétés par les garanties décennales (ou supérieures) permettent de clore les dispositions réglementaires.

C'est le rapport de fin de travaux (Procès Verbal de réception) qui déclenche l'attribution de subvention (s).

En cas de désaccord avec les recommandations du S.D.A.P., certaines municipalités peuvent se voir opposer un refus partiel. La commune a donc intérêt à respecter les recommandations contenues dans le dossier afin de toucher l'intégralité de la subvention à la fin des travaux.

 

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