Introduction, origines

L'élan de reconstruction

Les précurseurs

II - L’élan de reconstruction.

Une fois la Franche-Comté REdevenue (réellement ?) française (1678), les responsables catholiques de l’époque profitèrent de la politique de Colbert pour faire face et contrer la montée en puissance du protestantisme (luthériens, calvinistes, … ), pour organiser une vaste campagne de construction, reconstruction, agrandissement, mais aussi aménagements intérieurs (retables, chœurs, boiseries, peintures, … ).

Mais qu’était donc cette aubaine due à l’ennemi héréditaire ?

Ordonnance de Colbert de 1669 : élément essentiel de la politique forestière de Colbert selon laquelle toutes les communautés ecclésiastiques et laïques devaient " délimiter ¼ de leurs bois, dans les meilleurs fonds, pour être mis en réserve et croître en futaie. La coupe de ce quart de réserve ne pouvait être autorisée que par un arrêt du Conseil du Roi dans les cas " d’incendie ou ruine notable des églises, portes, ponts, murs et autres lieux publics " (Article VIII du titre de l’ordonnance de 1669).

Les communautés purent obtenir facilement les finances nécessaires grâce à l'application à la Franche-Comté cette législation forestière : en clair, elle leur imposait de réserver un quart de leurs bois pour leurs constructions d'intérêt public. La maîtrise des Eaux et Forêts en assurait le contrôle. C'est elle qui, souvent, " proposa " ses architectes.

Dés le traité de Nimègue (1678), la vie de la province fut profondément bouleversée. Cessant d’être une nation, la France lui apporte la paix.

Au sortir du XVIIè la Comté est ravagée. Par opposition à ce siècle de mort et de destructions, le XVIIIè sera une période d'essor démographique, économique et artistique. Les Saônois se mirent à réparer maisons dévastées et églises délabrées ou détruites. Des routes, des bâtiments, des fontaines, des lavoirs seront construits, l'agriculture améliorée et l'artisanat encouragé, le tout sous la direction d'intendants éclairés.

A la suite des guerres du XVIIè, un grand nombre d’églises que la misère des temps n’avait pas permis d’entretenir menaçaient ruine.

L’origine des clochers à l’impériale en Franche-Comté ne tient pas seulement aux destructions de la Guerre de Dix Ans, mais aussi à la vétusté des édifices (rien n’était organisé pour cela jusqu’à Colbert), ainsi qu’à l’accroissement de la population qui fit suite aux guerres successives.

Dans l'élan de reconquête catholique, les archevêques de Besançon poussèrent avec ardeur les curés à redonner aux bâtiments du culte la " décence " que, disaient-ils, ils avaient perdu.

Au siècle suivant, l’émulation aidant, les communes rivalisèrent de zèle pour les restaurer, les agrandir et le plus souvent encore pour en construire de nouvelles. De cette époque datent en effet la plus grande partie de nos églises.

Les 2/3 d’entre elles ont été reconstruites après 1678.

Les styles ont varié, retenant :

  • pour certaines le coté pratique pour les offices : grande nef, 2 bas-côtés, transept en croix latine (Faucogney 1712, Oiselay 1725, Pin 1737, Villersexel 1755, …).
  • d’autres un nouveau plan à 3 nefs d’égale hauteur, église-halle (Laitre 1624, Mollans 1698, Montbozon 1775-1776).

Un certain nombre d’architectes se rendirent célèbres à ces occasions :

    Jean-Pierre Gazelot (Vesoul, Scey-sur-Saône), Nicolas Nicole (Jussey, Voray-sur-l’Ognon, Cirey-les-Bellevaux), Thierry (Port-sur-Saône), Jean-Charles Colombot (Boulot, Lavoncourt, Autrey-les-Gray, Bucey-les-Gy, Essertenne), Brettet (Mailleroncourt-St-Pancras, Equevilley), Claude-Nicolas Ledoux (Fouvent-le-Haut, Roche), Henri Colombot (Vezet), Charles Colombot (Gy), Anatole Amoudru (St-Loup-sur-Semouse, Frasne-le-Château, Leffond).

    Ces architectes ne s’étant pas cantonnés aux églises, on leur doit aussi de nombreux châteaux (Sorens-les-Breurey, St-Remy, Choye, Ray-sur-Saône), des bâtiments religieux (Faverney, Luxeuil, Morey, Clairefontaine) et une grande partie des 1500 lavoirs et fontaines qui égaient notre département.

    Commencée à la fin du XVIIè comme à Gray et Poligny (et même très discrètement au XVIè : Dole, Arbois), la rénovation prit toute son ampleur durant tout le XVIIIè siècle.

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