Introduction, origines

L'élan de reconstruction

Les précurseurs

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I - Introduction, origines

Comme le sont les signaux géodésiques pour le relief, le clocher est de tous temps le milieu de la paroisse, le milieu de " son " monde. De loin, c'est le lien avec le village avec en tête le soucis de ne pas le perdre de vue, ou le moins possible. Hors de sa vue, c'est le rappel de ses cloches qui fait instinctivement tourner la tête ou lever les yeux vers lui.

Et quelle que soit son appellation, clocher ou minaret, il est l'un des symboles de la religion d'appartenance.

L'origine de ce dôme, appelé par les spécialistes " clocher à l'impériale ", n'est pas très claire. Si sa grande époque est bien le XVIIIè, les couronnements de clochers en dôme remontent pourtant à la Renaissance, époque où les architectes commencèrent à coiffer les tours de cette manière nouvelle venue d'Italie. On les trouve, par exemple, à Arbois (1530) ou à Beaune.

Le nom d’impériale.

On dit " à l'impériale " parce que sa forme rappellerait celle de la couronne de l'empereur d'Allemagne, cette couronne d’empereur, surmontée d’une boule ou d’une croix . Elle est synonyme de majesté, de grandeur, de richesse. En fait, cette couronne ressemble plutôt aux bulbes orientaux.

Le qualificatif " bulbeux " est souvent associé au clocher Comtois. Si on s’en tient au vocabulaire, descriptions et définitions architecturales, il serait impropre de parler d’un toit " bulbeux " pour un toit " à l’impériale ". Les définitions comparatives sont éloquentes mais pour faire rapide, à la différence du clocher " impérial ", le " bulbe " est plus creux en sa partie inférieure, il se rencontre souvent en Savoie et aussi dans les Vosges.

Renaissance

L’origine est vraisemblablement l’époque de la Renaissance Italienne, l’art baroque (XIVè et XVè siècles), une période de transformation et renouvellement socioculturel de l’Europe occidentale de la fin du XIVè au début du XVIIè siècle (1300 à 1600 environ).

L’architecture nouvelle part de la Rome des papes Jules II et Léon X. L’architecture italienne devient un modèle pour l’Europe entière. La France "fait " sa Renaissance un peu plus tard et attend François Ier (Fontainebleau).

Le dôme " à l’impériale "est une variante (qui ne veut pas dire " issu ") du dôme polygonal de la Renaissance posé directement sur l’étage des cloches. Les coyaux plus ou moins allongés au pied des chevrons font varier l’effet de contre-courbure de la base.

Dômes

Le rapprochement entre le dôme et le dôme à l’impériale est tentant. Si le second paraît être issu du 1er, on peut citer de nombreux dômes dont quelques célèbres se trouvent :

  • en Autriche (église St Charles Borromée du XVIIIè à Vienne, la cathédrale de Salzbourg, l’abbaye bénédictine de Melk),
  • en Inde (le palais du Man Mandir à Gwalior et bien sûr le Tadj Mahall du XVIIè),
  • la coupole du Rocher à Jérusalem,
  • en Italie (cathédrale de Palerme – Sicile, basilique St Pierre du XVIè - à Rome, basilique St Marc XIè à Venise, cathédrale Santa Maria del Fiore du XIVè et XVè à Florence),
  • en Turquie (église Ste Sophie du Vè à Constantinople, diamètre 31 mètres),
  • et en France (les chapelles du XVIIè du Val de Grâce et des Invalides – Paris)

Et pour se rapprocher de la forme qui nous interesse, il serait dommage de passer sous silence

  • en URSS (église Basile-le-Bienheureux du XVIè et le Kremlin à Moscou, la cathédrale Ste Sophie à Novgorod),
  • les coupoles bulbeuses (art mongol) du fort de Delhi (Inde),
  • les bulbes de la "Halle aux draps " du XVIè de la place du marché de Cracovie (Pologne),
  • le toit "à l’impériale " de l'Hôtel de Ville de Copenhague (Danemark).
  • En France, citons le dôme impérial (avec horloge dans la couverture) du beffroi de Concarneau, le bulbe de la tour de l’horloge (XVIIIè) de l'Hôtel de Ville à Rennes, les toits bulbeux d'églises de Haute-Savoie (La Roche-sur-Foron), de Savoie (dans la Tarentaise), et les nombreux clochers à bulbe des Vosges (Pouxeux, Remiremont), et il y a bien évidemment d’autres exemples.

Ni les spécialistes, ni les historiens les plus affirmés, nul ne sait vraiment l’origine de cette forme de " clocher à l’impériale ", mais est-ce bien nécessaire ? Le doute n’est-il pas " intéressant " ? Il incite à la recherche, aux hypothèses, aux supputations, laisse place aux débats, à l’imagination, ….. .

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